28. février 2026 | Imprimer l'article |

Cyber Guerres 2026 : Quand les États s’arment numériquement

2 min de lecture

Les cyberattaques pilotées par des États ne relèvent plus de la science-fiction – elles font désormais partie du quotidien. De Sandworm, côté russe, à Volt Typhoon, côté chinois: la menace qui pèse sur les entreprises européennes s’est massivement aggravée en 2025/2026. Ce qui distingue la cyberguerre de la cybercriminalité classique, et comment les entreprises peuvent se protéger.

L’essentiel en bref

  • Selon l’ENISA, les cyberattaques contre les infrastructures critiques en Europe ont augmenté de 38 pour cent par rapport à l’année précédente
  • Des acteurs étatiques comme Sandworm (Russie) et Volt Typhoon (Chine) opèrent avec des budgets comparables à ceux d’entreprises de taille moyenne
  • Les opérateurs allemands d’infrastructures critiques, les fournisseurs de l’industrie de défense et les organismes de recherche sont particulièrement ciblés
  • Les stratégies classiques de sécurité informatique ne suffisent pas face à des attaquants étatiques – l’approche Assume Breach et la Threat Intelligence deviennent indispensables

La nouvelle dimension de la guerre

2025 a marqué un tournant: selon l’ENISA, les cyberattaques contre les infrastructures critiques en Europe ont augmenté de 38 pour cent par rapport à l’année précédente. Les attaquants ne sont pas des individus isolés – ce sont des groupes financés par des États, avec des budgets comparables à ceux d’entreprises de taille moyenne.

Le groupe russe Sandworm, officiellement connu sous le nom d’unité 74455 du GRU, a ciblé à plusieurs reprises des fournisseurs d’énergie et des opérateurs télécoms européens depuis le début du conflit en Ukraine. En parallèle, la campagne chinoise Volt Typhoon a montré que même les infrastructures militaires occidentales sont vulnérables.

Ce qui distingue la cyberguerre de la cybercriminalité classique

La différence décisive réside dans la motivation et les ressources. Alors que les groupes de ransomware sont motivés par l’argent, les acteurs étatiques poursuivent des objectifs stratégiques:

  • Sabotage: destruction ou manipulation de systèmes critiques (énergie, eau, santé)
  • Espionnage: intrusion à long terme dans des réseaux pour obtenir des informations – souvent sans être détectée pendant des années
  • Préparation: mise en place de backdoors pour les situations critiques, les opérations dites de prépositionnement
  • Déstabilisation: combinaison de cyberattaques et de campagnes de désinformation

La menace pour les entreprises allemandes

Les entreprises allemandes sont particulièrement ciblées. Depuis 2024, le BSI classe le niveau de menace comme préoccupant et élevé. Sont particulièrement touchés:

Opérateurs d’infrastructures critiques – les fournisseurs d’énergie, les services des eaux et les hôpitaux sont des cibles prioritaires. L’attaque contre les services municipaux d’une ville allemande de taille moyenne en janvier 2026 l’a montré: les attaquants avaient déjà obtenu un accès plusieurs mois auparavant et attendaient le bon moment.

Fournisseurs de l’industrie de défense – les attaques de supply chain via de petits fournisseurs sont la méthode privilégiée pour atteindre des cibles plus importantes. Une PME de 200 employés peut devenir la porte d’entrée d’attaques contre la Bundeswehr ou des partenaires de l’OTAN.

Organismes de recherche – les universités et instituts Fraunhofer signalent des tentatives d’attaque systématiques contre leurs bases de données de recherche, en particulier dans les domaines de l’IA, de l’informatique quantique et des sciences des matériaux.

Fait: en 2025, le BSI a enregistré plus de 15.000 incidents de sécurité signalés chez des opérateurs d’infrastructures critiques – soit une hausse de 42 pour cent par rapport à 2024.

Fait: la durée moyenne de présence d’acteurs étatiques dans des réseaux compromis est de 287 jours – près de dix mois sans être détectés.

Ce que les entreprises doivent faire maintenant

La stratégie classique de sécurité informatique ne suffit pas face à des attaquants étatiques. Recommandations:

  1. Utiliser la Threat Intelligence: intégrer activement les alertes du BSI, le CERT-Bund et les ISAC sectoriels
  2. Assume Breach: partir du principe que les attaquants sont déjà dans le réseau. Prioriser la détection et la réponse
  3. Traiter la sécurité OT séparément: les systèmes de contrôle industriels (ICS/SCADA) nécessitent leurs propres concepts de protection
  4. Prévoir des plans d’urgence pour des scénarios de cyberguerre: que se passe-t-il si Internet et le cloud tombent en panne en même temps?
  5. NIS2 comme socle: la directive européenne définit le minimum – les opérateurs d’infrastructures critiques ont besoin de davantage

Conclusion

La cyberguerre n’est pas un scénario réservé aux stratèges militaires – elle concerne toute entreprise dotée d’une infrastructure numérique. La question n’est pas de savoir si l’on sera ciblé, mais quand. Ceux qui n’investissent pas maintenant dans la résilience risquent plus qu’une perte de données: ils risquent la capacité d’action de leur entreprise.

Points clés

Attaques contre les infrastructures critiques : Les cyberattaques contre les infrastructures critiques en Europe ont augmenté de 38 %.

Signalements au BSI : Le BSI a recensé plus de 250 000 nouvelles variantes de logiciels malveillants par jour en 2024/2025.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui distingue la cyberguerre de la cybercriminalité classique ?

La cybercriminalité classique est motivée par l’argent – ransomware, fraude, vol de données destinées à la vente. La cyberguerre poursuit des objectifs stratégiques : sabotage d’infrastructures critiques, espionnage, déstabilisation politique. Les acteurs étatiques disposent de ressources, d’une patience et d’une expertise nettement supérieures à celles des groupes criminels.

Les petites et moyennes entreprises sont-elles également touchées par la cyberguerre ?

Oui, surtout en tant que porte d’entrée. Les attaques contre la chaîne d’approvisionnement ciblent délibérément de petits fournisseurs afin d’atteindre des cibles plus importantes via leurs connexions réseau. Une PME faisant partie de la chaîne d’approvisionnement d’un opérateur d’infrastructure critique ou d’une entreprise de défense constitue une cible attractive.

Quelles mesures sont prioritaires ?

Adopter le principe Assume Breach comme posture de base, s’appuyer sur une veille active des menaces (BSI, CERT-Bund, ISAC sectoriels), segmenter les réseaux et tester les plans d’urgence. Les exigences NIS2 constituent une bonne base, mais elles ne suffisent pas pour les entreprises particulièrement exposées.

Articles connexes

Plus d’articles du réseau MBF Media

Source de l’image de titre : Mike Bird / Pexels

Tobias Massow

À propos de l'auteur: Tobias Massow

Plus d'articles de

Aussi disponible en

EspañolEnglishDeutsch
Un magazine de Evernine Media GmbH